En mai 2007, Renault lance son label écologique et économique ECO². Les véhicules Renault ECO² doivent répondre à 3 éléments concernant la fabrication, les émissions de CO2 et le recyclage des véhicules.
Depuis plusieurs années, Renault est à la pointe française des mesures environnementales dans le secteur automobile. Après 2 ans de label, voici un premier bilan.

Nous allons présenter Eco² en suivant l’ordre d’une analyse du cycle de vie (ACV) :
Matières premières
Concernant les matières premières, les véhicules de la gamme Eco2 doivent intégrer au moins 5 % de plastique recyclé. Sur la Nouvelle Laguna sortie il y a un an, le travail sur 90 composants a permis d’intégrer 17 % de plastique recyclé. Renault a pour objectif l’utilisation de 50 kg de plastique recyclé dans ses voitures à l’horizon 2015, soit 20 % en moyenne des matières plastiques.
Fabrication
Les voitures de la gamme sont fabriquées dans des usines certifiées ISO 14001. Commencé il y a plus de 10 ans avec la certification de l’usine de Sandouville, aujourd’hui tous les sites sont certifiés, dont les derniers SOMACA (Maroc) en février 2008 et Avtoframos (Russie) en avril 2008.
Depuis 1997, le management environnemental des sites industriels a permis notamment une réduction de : 28 % de la consommation d’énergie par véhicule produit, 63 % de la consommation d’eau (m3/ véhicule, 67 % des déchets générés (kg/ véhicule), 40 % des COV (composés organiques volatils – kg/ véhicule) et 47 % des rejets de matières toxiques dans le milieu aquatique.
Distribution
Concernant l’étape de la distribution, aucune information n’est donnée et aucun critère n’entre dans Eco2.
Pour le consommateur, cette phase n’est pas directement visible et n’a pas d’impact sur le mode d’utilisation (au contraire de la consommation). Pour le constructeur, avec des usines délocalisées (Roumanie, Espagne…) et un transport vers les concessionnaires en majorité par camion, il est difficile de diminuer l’impact de cette étape.
Utilisation
Cycle le plus important pour les voitures. Pour la gamme Eco2, les véhicules doivent émettre moins de 140g de CO2. La compatibilité avec les agrocarburants (biocarburants E85, E10 et B30) entre également dans cette catégorie.
Le développement de motorisations fonctionnant avec des agrocarburants, comme le travail mené sur le « downsizing » (réduire la taille des moteurs + turbo) contribuent à réduire les émissions de CO2 lors de la phase d’utilisation d’un véhicule.
L’Alliance Renault-Nissan a pour objectif le « zéro émission » en commercialisant des voitures électriques à partir de 2011, et des voitures équipées de piles à combustible plus tard. Le groupe a déjà passé des accords avec des Etats et villes pour leur déploiement.
Enfin, Renault souhaite encourager l’éco-conduite, qui d’après leur chiffre permettrait une réduction de la consommation jusqu’à 20%.
Fin de vie
Dès aujourd’hui, tous les véhicules Renault Eco² sont valorisables à 95 % de leur masse.
Renault a passé un partenariat avec SITA (spécialiste de la gestion des déchets) afin de gérer le recyclage des véhicules en fin de vie.
Renault devient le premier constructeur automobile à s’engager aussi fortement dans le recyclage, directement auprès des opérateurs de la filière.
Renault en fait-il trop?
Toutefois, on peut retenir que la limitation des émissions de Co2 et la valorisation des voitures à 95% de leur masse ne sont que des anticipations des futures réglementations contraignantes européennes (2015 pour la valorisation et 2012 pour les émissions avec pénalités).
Incorporer 5 % de plastique recyclé paraît un objectif peu ambitieux.
La norme ISO 14001 n’est pas forcément indicatrice de bonnes pratiques environnementales.
En Europe, la production d’agrocarburants n’est pas recommandée et peu productive, comparée par exemple à la production d’éthanol au Brésil.
Favoriser la voiture individuelle n’est sûrement pas la meilleure solution pour l’environnement.
Enfin, on se focalise beaucoup sur les émissions de CO2, mais il n’est pas le seul problème des voitures : CO, HC, Nox, particules…
Cependant Renault ne se gêne pas pour lancer des campagnes massives sur ces modèles Eco2.
Au Royaume-Uni, le BVP (bureau de vérification de la publicité) anglais a mis un frein à ce déferlement de publicité verte en interdisant une de ces publicités. Il a jugé que Renault allait trop loin en présentant des feuilles vertes qui sortent de l’échappement d’une Twingo, alors que le modèle présenté émet 135g de CO2 loin des meilleures automobiles de la catégorie.
En conclusion, Renault fait beaucoup d’efforts sur ses voitures mais communique (trop) d’une façon maladroite qui a plutôt tendance à mal faire passer son message. Source : Renault.
