Durant l’été 2008, avec la flambée du prix du baril de pétrole, les mêmes enjeux qu’au cours des années 1970 sont revenus sur le devant de la scène : la facture pétrolière et la dépendance énergétique. Aujourd’hui, par-delà les enjeux énergétiques se rajoute la problématique du réchauffement climatique.
Pour le moment l’efficacité énergétique reste le parent pauvre des mesures en faveur des réductions d’émissions de CO2, notamment concernant les règlementations nationales et européennes. Les industriels et les pouvoirs publics n’ont pris que récemment conscience de l’importance de favoriser l’efficacité énergétique qui aurait du être le premier levier d’action développé.

« L’énergie la moins chère et la moins polluante reste celle que l’on ne consomme pas : un euro investi dans l’efficacité permet d’économiser 7 fois plus d’énergie qu’un euro investi dans le nucléaire ne permet d’en produire », répète régulièrement Karine Gavand, responsable de la campagne Climat à Greenpeace France.
Pour preuve, à l’époque des chocs pétroliers, la France a instauré avec succès une politique d’économies d’énergie en créant l’Agence pour les économies d’énergie (AEE) avec le célèbre slogan « en France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ! ».
Entre 1973 et 1987, le pays a économisé 34 Mtep et produit 56 Mtep par an, pour un investissement respectif de 100 milliards de francs, contre 500 milliards de francs dans le nucléaire. Mais la France a abandonnée cette politique d’efficacité dès 1985, quand le prix du baril s’est effondré.
Par exemple, Jean-Louis Borloo, Ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire, a proposé une nouvelle réglementation afin de limiter la consommation d’énergie des appareils en mode veille à 1W. Cette mesure permettra d’économiser 35 TWh/an, soit 7 % de la consommation française totale.
Autre exemple, l’abandon progressif des ampoules à incandescence entre 2009 et fin 2012 adopté lors de la réunion du comité de réglementation sur l’éco-conception qui s’est tenue le 8 décembre 2008. Cette mesure fera économiser près de 40 TWh aux citoyens de l’UE et réduira les émissions de CO2 d’environ 15 millions de tonnes par an.
Ces deux mesures à elles seules équivalent à la production annuelle de 20 centrales électriques de 500 mégawatts. Un réacteur EPR sera capable quant à lui, de distribuer une puissance électrique de l’ordre de 1 600 mégawatts.
Aujourd’hui, les idées restent dans les placards sous la pression des lobbys industriels qui préfèrent produire plus et moins polluant que produire moins.
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En effet, les énergéticiens se basent sur 3 éléments principaux pour réduire leurs émissions de CO2 : les énergies renouvelables, la Recherche et le Développement suivies de l’efficacité énergétique. Voir les dossiers sur GDF SUEZ et EDF.
Pour l’avenir, à part le captage et stockage de CO2 (CCS), peu de nouveautés d’importance sont pour l’instant prévues. L’augmentation des capacités de production issues des énergies renouvelables et du nucléaire ainsi que le retour en force du charbon, dont les réserves sont énormes, avec des centrales modernes polluants moins.
Il en est de même pour les centrales thermiques à flamme. Les nouvelles technologies permettent d’améliorer les rendements et de réduire les émissions de CO2 et de polluants (SOx et NOx), telles les centrales CCG et CCGT (cycle combiné gaz).
Les grands producteurs d’électricité ont vu le potentiel du marché des services énergétiques et commencent à s’y attaquer. Par exemple, depuis 2007, « Bleu ciel d’EDF » regroupe les offres de gaz et d’électricité, de services d’éco-efficacité énergétique et d’énergies renouvelables réparties, en France continentale.
Concernant le nucléaire, le débat sur son utilisation ou non est toujours aussi houleux à travers le monde mettant en avant les risques d’accidents et le traitement des déchets, sur lesquels peu d’informations sont divulgués; comme évoqué dans le dernier article sur le transport de MOX. D’autre part, le nucléaire reste pour le moment le seul moyen de produire à grande échelle de l’électricité sans rejet de Co2.
