Les émissions de gaz à effet de serre de la France sont estimées à environ 527 millions de tonnes équivalent CO2 (MteqCO2) pour l’année 2008, soit une baisse de 0.6 % par rapport à l’année 2007, selon un inventaire finalisé ces derniers jours et remis à Jean-Louis BORLOO.

Les émissions de la France sont inférieures de 6.4 % au plafond fixé par le protocole de Kyoto pour la période 2008-2012, soit 564 MteqCO2. Alors que l’application du protocole de Kyoto a débuté en 2008, la France est l’un des rares pays industrialisés respectant scrupuleusement ses engagements internationaux.
La baisse enregistrée en 2008 fait suite à une baisse de 2 % enregistrée en 2007. Cette baisse intervient malgré des conditions climatiques plus rigoureuses en 2008 qu’en 2007.
Les émissions de l’année 2008 sont marquées par la crise économique et financière qui a provoqué un ralentissement significatif de l’activité économique à partir de la mi-2008. L’effet sur les émissions de CO2 lié à l’énergie de la crise en 2008 peut être estimé en regard du ralentissement de la croissance du PIB.
Dans ce cas, on peut estimer que la crise a engendré en 2008 une baisse d’un peu moins de 4 % des émissions de CO2 liées à l’énergie.
« Avec cette nouvelle diminution des émissions de gaz à effet de serre de la France, nous atteignons un plus bas niveau historique depuis 1990 et nous respectons toujours nos engagements pris dans le cadre du protocole de Kyoto », a déclaré Jean-Louis BORLOO.
« Mais nous voulons aller beaucoup plus loin : avec le Grenelle Environnement, la France devrait réduire de 22.8 % ses émissions de gaz à effet de serre en 2020 par rapport à 1990 »

La Figure 4 présente les parts relatives des différents secteurs l’activité dans les émissions nationales en 1990 et en 2008.
On observe que la part du secteur résidentiel et celle du secteur transport s’accroissent dans le total des émissions entre 1990 et 2008 et ce même si la tendance des émissions liées au transport est à la baisse depuis 2004.
Ainsi la moitié des gains en émissions dans le secteur transport provient de l’incorporation des biocarburants. Le reste de la baisse s’explique par une diminution des consommations unitaires et une diminution des kilométrages parcourus.
La part dans le total des émissions de l’industrie manufacturière a, quant à elle, fortement baissé entre 1990 et 2008. La baisse pour l’industrie manufacturière est deux fois plus importante que celle observée entre 2006 et 2007 pour ce même secteur et touche principalement la chimie et la métallurgie.
Cette baisse d’émission est associée d’une part à une baisse importante des consommations de gaz naturel et de produits pétroliers ainsi que par une baisse de la production suite à la crise financière à partir de la seconde moitié de l’année 2008.
Les émissions du secteur agricole après une forte baisse les années précédentes -due à une diminution des ventes d’engrais- sont en augmentation de 2,5 Mt éq. CO2 entre 2007 et 2008. L’augmentation des émissions est liée à une hausse de 9% de l’azote apporté aux cultures sous forme d’engrais. La suppression de la jachère obligatoire explique en grande partie cette hausse.
La hausse des émissions du secteur résidentiel/tertiaire s’explique en partie par les conditions météorologiques plus froides en 2008 qu’en 2007, ainsi que par la hausse du nombre de logements entre 2006 et 2008 (+ 2,6 %). Source : MEEDDM.
